Gendarmerie Départementale

de Moselle

1939/40

 

 

 Le 14 juin 1940 après 21 années de présence   la Compagnie de gendarmerie de Moselle cède   sa place, pour quatre longues années, aux forces de police de l’état national-socialiste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                  Eté 1939                               -           Eté 1940

          Légion d'Alsace et de Lorraine

 

      Huit officiers et 429 chefs de brigade et gendarmes tel est l’effectif de la Compagnie de gendarmerie de Moselle à la veille de la seconde guerre mondiale. Composée de 7 sections et 66 brigades la Compagnie elle est commandée par le chef  d’Escadron Valty et dépend, depuis 1919, de la Légion d’Alsace et de Lorraine dont le siège est à Strasbourg.

Installée à Metz, d’abord à la caserne Coislin, puis  à la caserne Féraudy [1] rempart des Allemands, la Compagnie occupe  fin 1938  un bâtiment militaire 5 rue aux Ours.

 

Dans la cour de la caserne 5 rue aux Ours à Metz   Col.part. DR )

  Soumises depuis la crise des Sudètes à une activité particulièrement soutenue, notamment dans les zones frontalières et villes de garnison,  les unités de la Compagnie de Moselle vont à  partir de l’été 1939 enchaîner bon nombre de missions d’ordre administratif et militaire dans des conditions  souvent très éprouvantes physiquement et moralement.

Dès le 10 juillet douze brigades spéciales de gendarmerie frontière sont mises en place.

 

Metz:14 juillet 1939  dernier défilé de la Compagnie de Moselle

( Fonds  Paul De Busson)  

 

Le 21 Août toutes participent aux opérations de mobilisation partielle par l'apposition d'affiches sur les murs des édifices publics, le renvoi des permissionnaires vers leurs Corps et gèrent les mouvements  des premiers mobilisés de la ligne Maginot ; services avec lesquels elles sont parfaitement familiarisées depuis les  alertes à répétition de 1938

Dans le même temps et alors que l’activité ne cesse d’augmenter  la  gendarmerie départementale prélève  sur ses unités les effectifs nécessaires à  la  création des détachements prévôtaux[2]  formations d’une trentaine d’hommes, composées de  motocyclistes et personnels en camionnettes, chargées  assurer la police du champ de bataille ainsi que le contrôle des principaux nœuds de communication et dont les premières seront sur pied  dès le 27.

Le 24 Août 1939, sur ordre de l’autorité militaire  les familles logées dans les Cités cadres de la ligne Maginot, les casernes de la Garde républicaine mobile et  unités de la Compagnie de Moselle situées en « zone rouge » sont évacuées en vertu de la mesure N°27 (Alerte renforcée) ; mesure dont l’application immédiate contraint les familles à abandonner  leurs biens sur place  pour n’emporter  que de maigres bagages à main.

Ce départ précipité amorce un gigantesque mouvement de population et d’effroyables drames humains auxquels les unités de la Compagnie de Moselle vont  être confrontées jusqu’en juin 1940.

En effet, durant la journée du 1er septembre, en même temps qu’elles apposent les affiches blanches annonçant la mobilisation générale pour le samedi 2 à zéro heure, elles notifient aux maires des localités des arrondissements de Boulay, Forbach, Sarreguemines et Thionville l’ordre d’évacuation  immédiate de la population civile de la zone rouge vers l’intérieur de la France.

Cette nouvelle mesure, à laquelle les unités de la Compagnie de Moselle concourent activement aux côtés du 60ème Bataillon Régional et du 68ème Régiment Régional, touche  210 000 personnes (femmes,  enfants, malades  et vieillards)  de 214 communes du département de la Moselle.

Tandis  que s’achève l’évacuation de la zone rouge et que la réquisition des véhicules automobiles et des chevaux indispensables aux Armées bat son plein, la France et le Royaume-Uni, en réponse à l'invasion de la Pologne par les troupes d'Adolf Hitler, déclarent la guerre au IIIe Reich.

 Par crainte de la cinquième Colonne les autorités ordonnent,[3], le lendemain, le rassemblement dans des centres spéciaux de tous les Allemands et Autrichiens de sexe masculins âgés de 17 à 50 ans. Des réfugiés Sarrois fuyant le régime nazi, mais aussi  de nombreux  mosellans nés dans le département avant le 11 novembre 1918 et dont  la réintégration dans la nationalité française n’avait été pas réclamée sont internés à Rombas, Maizières-lès-Metz, Briey, Pont-à-Mousson, ainsi qu’à Drancy.

Durant ce temps,  les troupes débarquent en zone rouge où  les villages, les casernements évacués sont très rapidement  mis à sac.

Mais ni les mesures draconiennes ( ordre d’ouverture du feu sur les pillards, Conseil de guerre etc.) mises en place par l’autorité militaires en charge de la protection des biens, ni les missions (contrôles aux abords de la zone,  surveillance des permissionnaires,  envois de colis vers l’arrière, etc..) confiées aux unités de gendarmerie  ne parviennent  à enrayer le pillage.

 Fin septembre 1939, dès l’abandon du « Plan Sarre », deux commissions militaires sont constituées en 6° Région et 20° Région militaire, sur proposition du Préfet Bourrat , pour récupérer de la literie, des vêtements, chaussures, machines à coudre, fourneaux et meubles dans les magasins et maisons des évacués et les acheminer vers département d’accueil où  ils font cruellement défaut.Une fois de plus et malgré leurs nombreuses charges les unités de gendarmerie de  la zone rouge participent à ces opérations jusqu’à l’offensive allemande du 10 mai 1940 qui déclenche l’évacuation des 92 communes jouxtant les ouvrages de la ligne Maginot ; là encore les brigades sont engagées aux côtés des unités régionales.

 

 

Rue de la République à Bouzonville –Militaires de la commission n° 2 conduite par le capitaine Pierre Laundenbach – (Pierre Fresnay à l’écran )  récupérant du mobilier sous le contrôle d’un GD. (Fonds Bourrat)

Le 12 juin  le Chef d’Escadron Valty, commandant de la Compagnie de Moselle, reçoit l’ordre d’évacuer immédiatement ses magasins et archives au Mans et  de se tenir prêt à partir avec le 68° Régiment Régional.

Le lendemain, il lui est prescrit de regrouper à  Lunéville les sections de Forbach, Sarreguemines, Sarrebourg et Châteaux-Salins et à Metz celles de Boulay, Thionville et Metz pour partir le 15 à Charolles, à la disposition de la Direction des étapes de l’armée.Vers 13h30 le 14 juin 1940, pendant qu’il  fait ses adieux au préfet Bourrat, le commandant de la Légion d’Alsace et de Lorraine parvient à lui transmettre l’ordre de repli, avec Dijon comme point de regroupement.

Pendant que les troupes de forteresse résistent sur la ligne Maginot, Metz, déclarée « Ville Ouverte », est occupée le 17  par les forces nazies et les jours suivants les départements de la Moselle, du Bas-Rhin, et du Haut-Rhin sont annexés de fait sans qu’aucune clause de la convention d’armistice n’y fasse allusion.  Le territoire national est partiellement occupé militairement (zone occupée, zone rattachée, zone côtière interdite, zone réservée, zone d’occupation italienne) et une zone dite libre subsiste au sud de la ligne de démarcation.

          La Compagnie de gendarmerie de Moselle cesse définitivement d'exister.           

          En novembre 1944, après  4 ans d’absence,  la gendarmerie départementale s’installe à nouveau, rue aux Ours à Metz  où le  14 janvier 1945  est créée la 21ème Légion de Gendarmerie.

Les premiers éléments de GD lors de leur entrée à Moyeuvre aux côtés des troupes US.

En 1948 la qualité d’unités  combattantes est attribuée aux trente brigades  de la Compagnie de Moselle.qui durant la période du 2 septembre au 9 mai 1940 ont séjourné dans la zone de combat du nord-est.

[1] Sur son emplacement , face à la porte des Allemands , a été érigée la caserne des Pompiers de Metz

[2] Prévôtés d’Armée, de Corps d’Armée et de Division

[3] Décret du 1/9/1939

Sources  

Fonds documentaires de l’Association pour la Conservation de la Mémoire de la Moselle en 1939-45 – ASCOMEMO - Hagondange

 


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