La
construction du quartier s’inscrit dans le cadre du programme
de création des pelotons motocyclistes de la Garde républicaine mobile laquelle
assure, depuis le rattachement de la
Sarre au Reich, la surveillance permanente de la frontière en vue de faire échec
à toute attaque brusquée contre la ligne Maginot.
ETE
1939
Le
22 août 1939, le dispositif de défense du territoire est activé. La surveillance
est immédiatement intensifiée dans les postes et les destructions sont chargées
en permanence dans les blockhaus frontières notamment ceux tenus par le
peloton 517 à Launstroff et à Waldwisse.
Dès
lors, les
missions assignées à la GRM s’enchainent sans
répit : évacuation des logements des familles, rappel
des sections de gardes frontaliers
, occupation des postes de
combat définis à l’avance afin de
surveiller les villages allemands ainsi que les routes et chemins qui traversent
la frontière. Mise en place de postes de contrôle et d’examen dans les gares
(Bizen, Zeurange
Remelfing pour le peloton
517).
Dans
la zone rouge, évacuée à partir du 1er septembre 1939, la
2ème compagnie de Bouzonville et la 3ème de Longeville lès
Saint Avold assurent seules la couverture de leurs sous-secteurs fortifiés
en alignant, sur un front de 62 km, 1 800 hommes répartis dans 74 postes
de combat.
Le
7 septembre à 14 heures, en préalable de « l’Opération Sarre »
destinée à soulager les forces polonaises en
maintenant ou en attirant sur notre front le maximum de forces allemandes,
les détachements
de sureté de la 2ème compagnie de Bouzonville sont chargés
de pousser des patrouilles légères en avant en vue de déterminer le contour
apparent de l'ennemi après le contact et
d'en rendre compte au plus vite.
Cinq
patrouilles, couvertes et appuyées par les sections de gardes frontaliers déjà
en position,
pénètrent alors simultanément
en territoire ennemi entre
Waldwisse et Schreckling.
La
patrouille du peloton 517 opèrant du
Blauenberg sur Biringen et ultérieurement sur Silvingen, sous
le commandement du chef Dutel, entre dans Biringen sans incident,
Par
contre, le groupe du chef Colle en appui dans le bois du Wisserwald se heurte à
une patrouille allemande se repliant de Biringen sur Solvingen. L'engagement est
brutal, deux allemands sont abattus. Le Lieutenant Leduc, commandant le peloton
517 fait aussitôt occuper Biringen et s'y installe défensivement.
Dans
la nuit la position est violement contre-attaquée. Un groupe allemand réussit à s'infiltrer dans les maisons du
village et tombe sous le feu d'un FM qui
le disperse et fait un
blessé.
Le
8, au petit jour, l'ennemi renouvelle sa tentative en vue de reprendre Biringen.
Inférieurs en nombre nos éléments se replient sur leur base de départ
(lisières Est de Waldwisse) et maintiennent étroitement le contact.
Relevés
par les troupes de couverture, les pelotons sont retirés du front et rassemblées
à Bouzonville dans le quartier d’Assas où les sections de gardes frontaliers
sont dissoutes. Le 19 septembre les
frontaliers sont conduits par leurs cadres vers les Centres mobilisateurs de
l’intérieur pour être affectés dans des formations
militaires.
Le 15
décembre, l’état-major décide de suspendre la mission des pelotons motocyclistes et les
unités de la Garde républicaine mobile se replient vers la zone de l’intérieur.
Suite à la réorganisation de la 2ème compagnie de la Garde
républicaine mobile le peloton nº 517, stationnant à Vitry-le-François (51),
est affecté à la 4ème Légion de GRM au Mans (72).
A partir du 13 mai 1940 il est dirigé dans le
Nord avec pour mission d’assurer la police de la route sur les itinéraires
empruntés par les réfugiés belges et assurer les liaisons au profit des
commandants de secteur.
Pris dans
la nasse allemande le peloton réussit à s’embarquer à Malo-les-Bains dans des
vedettes civiles anglaises, abandonnant sur place son équipement. Après avoir
subi plusieurs raids aériens de l’aviation allemande, sans subir de dégâts, le
peloton débarque à Ramsgate puis il est dirigé sur Plymouth.
Après une
brève halte, il est embarqué sur le paquebot Ville d’Alger,
venant d’être réquisitionné par la Marine Nationale pour le rapatriement des
troupes françaises vers la métropole.
Le 2 juin,
vers midi, le Ville d’Alger débarque les hommes qui prennent le train en
direction de Caen,. où ils arrivent dans la soirée.
Après deux jours, d’un périple de plus de 1.000 km, effectués par terre et par
mer, les gardes réintègrent Le Mans et sont à nouveau engagés jusqu’à l’entrée
en vigueur de l’armistice.